un alignement mégalithique au milieu de la forêt

 

Les Fossés

Alignements mégalithiques

dans la forêt.

 

 

              On a longtemps cru qu'il n'existait pas d'ensembles type Carnac dans le pays de Montfort, De récentes découvertes viennent nous prouver le contraire.

              Dans le Petit Bois de Trémelin, situé à l'est de l'étang, un ensemble mégalithique constitué d'une centaine de menhirs écroulés forme plusieurs alignements sur un demi-hectare de superficie, et suivant une orientation soit est ouest, soit nord-est sud-ouest.

           Le premier alignement, le plus visible, contient entre autres quatre blocs abattus séparés d'environ un mètre. On les aperçoit sur les photos 1 et 2. Un cinquième menhir, plus petit est totalement enterré, dans le prolongement des autres, en direction du sud-ouest, entre les quatre arbres au centre de la photo suivante. Le terrain étant en pente, de nombreux siècles de ravinement de l'eau de pluie l'ont progressivement recouvert.      

         

les quatre principaux blocs du premier alignement (vue est-ouest).

 

         

alignement 1 : vue inversée SO vers NE

  

la seule pierre de forme carrée, environ 80 cm.

 

alignement 1 : la pierre la plus grande

 

le menhir le plus près du chemin.

 

              Dans le chemin, un affleurement de schiste apparaît, lui aussi dans le prolongement de l'ensemble, en direction du nord-est, très enfoncé dans le sol, du fait du passage des randonneurs et du ravinement de l'eau de pluie. De l'autre côté du chemin forestier, cachés dans le feuillage, deux autres blocs assez petits, totalement ensevelis, sont eux aussi dans le même prolongement, vers le nord-est (photo suivante). Il pourrait ainsi s'agir de la suite de ce premier alignement (estimé à huit ou neuf dalles).

         

 dans le prolongement, pierres enfouies de l'autre côté du chemin (vers l'est)

         Quelques dizaines de mètres plus au sud, de nombreux autres blocs semblent également orientés d'est en ouest, sous forme d'alignements de trois ou quatre pierres, ou alors disséminés. Les alignements ne semblent pas tous évidents du fait des arbres et de la végétation environnante qui empêchent une projection du regard. En voici quelques photos :

 

 

          

 

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               A une vingtaine de mètres en direction du nord-ouest, sur un second chemin rejoignant l'étang, deux autres monolithes de bonne taille semblent avoir été poussés en empilement sur le bord du chemin (photo suivante), ce qui nous laisse plusieurs suppositions : une fois taillés, les blocs n'auraient pas eu le temps d'être alignés sur le site, ou alors, gênant un récent reboisement que l'on peut voir à l'ouest de l'alignement, ils auraient été récemment déplacés par un engin agricole.

          Une troisième possibilité, vu leur emplacement, peut nous laisser envisager qu'ils auraient été utilisés plus tard, après le moyen âge, comme éléments de talus dans un ancien parcellaire. On voit d'ailleurs très bien dans le talus plusieurs petites pierres qui semblent avoir été réutilisées à partir des éclats de carrière (voir les deux photos suivantes).

 

vers l'ouest, deux blocs dans le talus.

réemploi dans le talus

 

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              Une cinquantaine de mètres plus vers le nord, à la croisée des deux chemins forestiers, apparaît l'affleurement de schiste qui a pu procurer le matériau de notre alignement (photos suivantes). Dans cette "roche mère" on voit ce qui pourrait correspondre à des traces d'extraction.

 

la carrière : affleurement de schiste dans le carrefour

 

          Pour le promeneur, c'est ce qui apparait en premier au regard, sous la forme d'un affleurement de schiste rouge ressemblant à un grand dolmen ruiné. Situé sur le point le plus élevé des environs, il comprend une dizaine de crêtes.

 

la carrière : on dirait un dolmen ruiné.

 

          Si l'on s'en approche un peu, la table la plus grande est couverte de nombreuses rainures régulières striées à angle droit par rapport au feuilletage naturel de la roche. Une première supposition serait qu'il s'agit d'une carrière, peut-être celle ayant servi à l'extraction des blocs placés en contrebas.

 

rainures dans la roche.

 

 

              On sait que les carriers mettaient à profit les particularités de la pierre de schiste, avec ses veines et ses fissures, afin de débiter des blocs par éclatement. Dans ce cas, les sillons gravés pourraient avoir permis de préparer le bloc avant la découpe, afin de lui donner sa forme approximative.

          Pour étayer cette hypothèse, au milieu de ces lignes, apparaissent deux trous réguliers qui pourraient être les encoches de débitage. La technique consistait à enfoncer des coins de bois que l'on mouillait pour  les faire se dilater, provoquant ainsi l'éclatement de la pierre.

 

les "trous de débitage" des carriers ?

 

pierres arrachées de l'affleurement.

  

trace des "trous" après un arrachage : 

               La face plane de chacun des blocs ci-dessus s'appelle le plan de diaclase. Cela correspond à la séparation du bloc (à gauche) de son substratum (à droite).

 

             Je reste cependant réservé sur la possibilité d'une carrière. Rendons-nous à la page suivante où il est question des cupules et des stries dans la roche. Nous retrouvons ici les mêmes sillons gravés aboutissant aux trous. Alors ne serions nous pas plutôt en présence d'une table à sacrifice, avec ses rainures permettant l'écoulement du sang des victimes vers le sol nourricier et ses divinités ?

gros plan sur les sillons dans la roche.

La partie plate pourrait correspondre à une table à sacrifices et les sillons aux rigoles d'écoulement du sang ?

         

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             En tenant compte des deux hypothèses, il est très probable que le site ait d'abord été un lieu de cérémonie, plus tard réinvesti comme carrière. D'ailleurs la forteresse médiévale de Boutavent, toute proche, a certainement eu besoin d'une importante quantité de pierres, lors de son édification.

            Alors, pierre à sacrifice? lieu de culte solaire? carrière? Voilà diverses hypothèses dont la réponse ne semble pas facile.

 

 

bloc taillé et resté sur place dans la carrière. 

 

          Quittant la carrière et suivant le chemin en direction du nord sur une vingtaine de mètres, on remarque sur le bord droit du chemin un autre grand mégalithe, lui aussi couché, qui dépasse à peine des feuillages. Il est dans la direction opposée au site par rapport à la carrière. Alors, a-t-il été transporté plus tard pour un éventuel réemploi ? ou bien correspond-il au début d'un nouvel alignement?

         

bloc isolé, au nord du site

         

            Toujours est-il que, derrière lui, un deuxième mégalithe est caché entre les arbres et, un peu en arrière encore, vers l'est, on aperçoit trois affleurements assez étonnants. Dans le centre de chacun d'eux est creusé un bassin qui fait penser à ces pierres rituelles ou de sacrifices que j'évoquais précédemment. Des rainures dans la roche évoquent l'idée d'un possible écoulement de liquide, peut-être de sang.

           Mais sur ces dalles, une nouvelle chose apparaît. A la surface des pierres sont creusés de nombreux petits trous ronds de la taille de pièces de monnaie (entre 0,5 cm et 4 cm). Le détail de ces roches dites "à cupules" est décrit dans la page suivante. 

 

                                 lien vers la page "pierres à cupules".

   

 pierre à bassin, roche avec stries et cupules (voir photos page suivante).

 

 

              Le site des Fossés est à rapprocher de celui voisin de la Ville-ès-Macé. Quelle fut donc l'usage de tels ensembles ?

              On peut noter une certaine analogie avec certains autres sites, Paimpont, Saint-Just, Médréac, et surtout les Pierres Droites de Monteneuf dans l'emploi, rare, du même matériau de schiste. L'alignement suivant la même orientation astronomique en travers d'une pente aspectée au sud, des blocs qui  ont souvent la même forme de gros rectangles de faible épaisseur (dalles). Et, sur le site, on a pu utiliser la même exploitation d'une carrière située juste au-dessus, sur le plateau.

              Alors d'autres questions viennent à l'esprit, les hommes du néolithique ne communiquaient-ils pas d'un groupe à l'autre? N'échangeaient-ils pas entre eux et ne se retrouvaient-ils pas lors de cérémonies, religieuses, astrales ou autres ?

 

 

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le deuxième alignement

 

le troisième alignement

blocs disséminés ou alignements ?

 

          La pierre suivante, plate, est curieusement délimitée de deux rangs de petites pierres qui la bordent à la façon d'un muret. Quelle put bien être sa destination ? Funéraire peut-être, ou espace sacré ?

la pierre plate

 

les petites murets de pierre qui la délimitent

 

 

 

           Il s'agit de dalles taillées dans la pierre de schiste rouge du pays d'Iffendic. Leur érection pourrait dater de la période néolithique ou de l'âge du fer. Elles ont le plus souvent une forme rectangulaire ou légèrement triangulaire. La plus grande d'entre elles mesure 3,50 m et la plus petite a une dimension de 0,50 m. 

          Elles sont couchées sur le sol et, quelquefois même pour certaines d'entre elles, en partie enterrées.

 

 

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         Il s'agit certainement d'un ensemble de menhirs ruinés, formant au moins trois alignements. On voit nettement, au bord de chaque bloc,  les pierres de calage qui étaient utilisées pour combler les fosses lors de l'érection des pierres.

            Le site a été longtemps oublié sous les herbes et les fougères d'une ancienne lande et sa ressemblance avec les nombreux affleurements rocheux disséminés dans le paysage environnant l'a protégé contre les carrières sauvages. 

ci-dessus, relevé du site par le CeRAPAR (115 blocs répertoriés)

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